
Républicains espagnols : Montpellier rend hommage au couple de résistants communistes Élise et Henri Piñol
Le martyre d’Élise et Henri Piñol illustre le rôle déterminant des républicains espagnols engagés dans la Résistance pour la libération de la France et de Montpellier. Sous l’Occupation, le domicile biterrois de ce couple de résistants communistes servait de plaque tournante pour la Résistance : boîte aux lettres, dépôt de tracts, stockage de matériel et cache pour les clandestins… Arrêtés le 27 juin 1944 par la Milice, Élise et Henri Piñol furent emprisonnés, torturés et assassinés dans la caserne de Lauwe à Montpellier, transformée en lieu de détention et de torture.
« Nous honorons aujourd’hui le sacrifice de ceux qui combattu pour la liberté et contre le fascisme. »
Discours de Michaël Delafosse devant la stèle commémorative - © C. Marson
Stèle commémorative en hommage aux époux Piñol, résistants torturés et assassinés par la Milice du régime de Vichy - © C. Marson
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Discours de Michaël Delafosse devant la stèle commémorative - © C. Marson
Stèle commémorative en hommage aux époux Piñol, résistants torturés et assassinés par la Milice du régime de Vichy - © C. Marson
« Nous sommes ici dans un lieu de mémoire. Cette caserne de Lauwe, fut aussi un lieu d’horreur. C’est ici que les dernières victimes de la Milice ont été torturées à mort avant la libération de Montpellier. Aujourd’hui c’est un lycée, lieu de transmission, sans doute le meilleur endroit pour cette cérémonie d’hommage aux résistants républicains espagnols », souligne Michaël Delafosse, maire de Montpellier. L’édile a rappelé quelorsque le général de Lattre de Tassigny, le 3 septembre 1944, passe en revue les troupes dans la ville libérée, le drapeau de la République espagnole est porté haut par les résistants qui défilent. « Nous avons une allée des Républicains espagnols sur l’Esplanade Charles de Gaulle pour nous en souvenir. Nous honorons aujourd’hui le sacrifice de ceux qui ont combattu pour la liberté et contre le fascisme. Ce devoir de mémoire est un défi commun et nous saluons le travail porté par le gouvernement espagnol » ajoute-t-il, terminant son allocution en citant "Pour qui sonne le glas", le roman d’Ernest Hemingway sur la guerre d’Espagne : « La tragédie d’un homme est la tragédie de tous. C’est l’enseignement que les résistants nous ont légué ».
Un travail de restauration et de conservation des cellules de la caserne de Lauwe, où les résistants furent torturés par la Milice, est actuellement mené par les équipes de la Drac - © C. Marson
Déclaration officielle du gouvernement espagnol lors de la cérémonie, par la voix de Fernando Martinez Lopez, secrétaire d’État à la mémoire démocratique :
« Mes premiers mots pour vous remercier de cette reconnaissance et de cet hommage aux républicains espagnols engagés dans la Résistance. Il s’agit d’un homme et d’une femme qui ont fui l’Espagne, qui ont fui la mort, qui ont fui la répression et les persécutions de la dictature franquiste. En France, ils ont rencontré une promesse de liberté. En France, ils ont dû à nouveau lutter contre le fascisme et pour les libertés fondamentales. De nombreux républicains espagnols se sont engagés dans la Résistance, les FFI mais aussi l’armée régulière, pour libérer la France et l’Europe. Ils ont connu les mêmes chemins de déportation que les autres combattants pour la liberté. Nous n’oublierons jamais leurs souffrances et leurs douleurs, ni leur courage et leur sacrifice.
C’est une histoire partagée, avec cet hommage concrétisé par cette plaque commémorative en l’honneur des époux Piñol. Ils sont morts au cours de leur lutte pour éradiquer le fascisme et défendre la liberté. Il faut connaître leur histoire, notre histoire. Ici, nous avons un lieu de mémoire commun. Leur héritage nous interpelle : la lutte pour la démocratie en vaut la peine. Opposons-nous à tous les populismes qui continuent à combattre la démocratie, pourtant conquise au prix de tant de sacrifices. Il faut se souvenir des républicains espagnols, il faut se souvenir des résistants, il faut se souvenir des époux Piñol. Se rappeler de leurs valeurs et de leur lutte pour la démocratie. Je remercie grandement Monsieur le Maire pour cet hommage et cet engagement pour la mémoire. Cette mémoire commune nous oblige à poursuivre la lutte, elle est un authentique antidote contre le fascisme. Voilà un beau message pour notre jeunesse ».
