← Revenir aux actualités
Lycée à Cournonterral, Élisabeth Badinter face à l'hommage

Lycée à Cournonterral, Élisabeth Badinter face à l'hommage

Education/Scolarité
Consulter l'article original

Arrivée le veille, c’est le 10 septembre qu’Élisabeth Badinter a découvert à Cournonterral le lycée qui porte son nom et celui de son mari, Robert. Mort en 2024 et entré au Panthéon en 2025, ce dernier reste, dans l'histoire de France, celui qui porta l'abolition de la peine de mort en 1981 et dépénalisa les relations homosexuelles l’année suivante.

Les Badinter

En ce matin ensoleillé, la fragile octogénaire est touchée que son propre nom soit associé à celui de son mari. Certes, depuis la mort de Robert Badinter, plusieurs hommages de ce type lui ont été rendus, notamment le parvis du Tribunal de Paris qui porte son nom ou une avenue à Cognin, la commune savoyarde où le petit juif qu’il était s’était réfugié pendant la guerre. Il existe déjà deux lycées Robert-Badinter, mais aucun n’associe jusqu’ici son nom à celui d’Élisabeth. « Associer une personne vivante, c’est peut-être un risque ? », s’amuse cette disciple de l’esprit des Lumières, comme pour conjurer un mauvais sort.

Des voix dans le débat public

La modestie d’Élisabeth Badinter n’est pas feinte et l’admiration qu’elle porte à son mari demeure intacte, soixante ans après leur mariage. Grands intellectuels, les Badinter ont accompagné le débat public français pendant près d’un demi-siècle. Saluant le geste « audacieux » de Carole Delga d’avoir associé son nom à celui de Robert, l’auteure de L’Un est l’autre confie que son mari considérait que donner son nom à un lycée équivalait à toutes les Légions d’honneur.

En l’accueillant sur le parvis de ce lycée flambant neuf de 17 000 m², capable d’accueillir 1 400 élèves, Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, explique la raison, évidente à ses yeux, de ce choix : « Tous les deux, vous avez mené une conversation qui a duré toute une vie. Votre cheminement mutuel est l’exemple de deux individus qui ont su faire couple sans renoncer à être soi-même. »

Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, n'a pas caché son admiration pour la philosophe - © C. Ruiz

Figure du féminisme, Élisabeth Badinter a consacré une large partie de ses travaux à l’égalité, à la laïcité et à l’héritage des Lumières - © C. Ruiz

  • 0
  • 1

Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, n'a pas caché son admiration pour la philosophe - © C. Ruiz

Figure du féminisme, Élisabeth Badinter a consacré une large partie de ses travaux à l’égalité, à la laïcité et à l’héritage des Lumières - © C. Ruiz

Précédent Pause Suivant

Professeure en banlieue parisienne

Entourée des élus, Élisabeth Badinter découvre ce nouvel établissement, très attendu, qui doit délester les lycées de Montpellier de plusieurs centaines d’élèves venus de huit communes de l’ouest de la métropole. En déambulant dans les couloirs, au milieu des premiers 500 élèves à avoir effectué leur rentrée, l’ancienne professeure de philosophie se souvient peut-être de l’époque de son premier poste, dans les années 1970. « Ce qui nous unit, c’est qu’on enseignait tous les deux et qu’on adorait cela. C’était une belle époque », confie cette figure féministe qui, au tournant des années 1980, a remis en question la notion d’amour maternel.

Temps d'échanges avec les équipes du lycée aux côtés de Michaël Delafosse, maire et président de la Métropole de Montpellier - © C. Ruiz

Édith Gutierrez, maire de Cournonterral et Carole Delga à la rencontre des jeunes lycéens - © C. Ruiz

  • 0
  • 1

Temps d'échanges avec les équipes du lycée aux côtés de Michaël Delafosse, maire et président de la Métropole de Montpellier - © C. Ruiz

Édith Gutierrez, maire de Cournonterral et Carole Delga à la rencontre des jeunes lycéens - © C. Ruiz

Précédent Pause Suivant

Un honneur pour Cournonterral

Bâti sur six hectares, acquis pour 1,7 million d’euros par la commune de Cournonterral, le lycée est situé à deux pas du complexe sportif Georges-Frêche et de la piscine Poséidon. Le site accueillera à l’avenir une nouvelle halle des sports. Édith Gutierrez, la maire, juge cette journée historique et ne cache pas son admiration pour celle qui défend l’émancipation par l’éducation : « La présence d’Élisabeth Badinter au lycée incarne une évidence humaniste. Son nom donne une boussole aux jeunes gens qui fréquenteront le lycée. »

Ne pas céder sur la laïcité

« Ce lycée reçoit un héritage et une exigence », estime, de son côté, Laurent Bonnel, le proviseur de ce lycée au nom doublement prestigieux. Accueillant humblement les nombreuses marques d’estime de ses interlocuteurs officiels, celle qui fut, avec son mari, admise dans le cercle fermé des proches du président Mitterrand, préfère s’adresser directement aux enseignants : « Il ne faut pas céder sur la laïcité, prévient-elle_. C’est le fondement de la République, le moteur de la liberté de penser. Il faut se battre._ » L’octogénaire, dont l’âge n’a en rien émoussé les convictions, estime que la neutralité religieuse dans un lycée est fondamentale. « C’est nécessaire pour raisonner. La nation a besoin d’esprits rationnels et critiques. »

L’établissement propose des formations générales, technologiques et professionnelles vers les métiers du numérique et de l’informatique - © C. Ruiz

Élisabeth Badinter est l'auteure d'une quinzaine d'ouvrages - © C. Ruiz

Élisabeth Badinter - © C. Ruiz

  • 0
  • 1
  • 2

L’établissement propose des formations générales, technologiques et professionnelles vers les métiers du numérique et de l’informatique - © C. Ruiz

Élisabeth Badinter est l'auteure d'une quinzaine d'ouvrages - © C. Ruiz

Élisabeth Badinter - © C. Ruiz

Précédent Pause Suivant

L’esprit Badinter

Inquiète de l’importance prise par les réseaux sociaux chez les jeunes, le président de la Métropole de Montpellier la rassure. Dans les couloirs du lycée, lui raconte-t-il, il a demandé à une jeune fille quelle personnalité symbolisait pour elle l’esprit de tolérance. « V_oltaire, m’a-t-elle répondu. L’esprit Badinter est déjà sur le lycée._ »

Le lycée Élisabeth et Robert Badinter est le premier construit depuis plus de 20 ans sur le terrtoire de la métropole de Montpellier - © C. Ruiz

La Métropole de Montpellier a aménagé la desserte du lycée, notamment en modes actifs - © C. Ruiz

  • 0
  • 1

Le lycée Élisabeth et Robert Badinter est le premier construit depuis plus de 20 ans sur le terrtoire de la métropole de Montpellier - © C. Ruiz

La Métropole de Montpellier a aménagé la desserte du lycée, notamment en modes actifs - © C. Ruiz

Précédent Pause Suivant


← Revenir aux actualités