Journée internationale pour le droit à l'avortement : 50 ans de combathistorique
En mars 2024, la Constitution française inscrivait la liberté garantie de recourir à l’IVG. Pour autant, l’avortement reste un enjeu crucial de liberté et de santé des femmes, remis au centre des débats sociétaux, ce droit fondamental demeure fragilisé par des campagnes de désinformation et des attaques idéologiques. La Journée internationale pour le droit à l’avortement, le 28 septembre, est l'occasion de sensibiliser le public autour de ce droit fondamental.
A Marseille, en 2025, l’Assemblée Citoyenne du Futur a été saisie sur la question de la santé des femmes, sa spécificité, les inégalités de santé entre les genres et les actions à mener pour y remédier. Parmi les nombreuses propositions de l’ACF la question de l’accompagnement des femmes lors de l’IVG a été soulevée, notamment en terme d’information du public.
Journée internationale pour le droit à l'avortement :
Soirée de sensibilisation et d'échange autour du droit à l'IVG
Jeudi 1er octobre à partir de 18h30 - Chez Marthe (Quartier de la Plaine)
19h - Projection plein air du film "Annie Colère", réalisé par Blandine Lenoir (2022 - 1h59m)
En 1974, Annie, ouvrière et mère de deux enfants, vit une grossesse non désirée. Elle rejoint le MLAC (Mouvement Pour la Liberté de l'avortement et de la contraception) qui pratique des avortements dans la clandestinité et accompagne les femmes dans leur parcours. Cette rencontre va transformer profondément sa vie et son engagement.
21h - Temps de discussion et de débats autour de l'histoire et de l'accès au droit à l'IVG.
Animé par le Dr Naima Hamdaoui, présidente du Collège de gynécologie médicale Marseille-Provence et de l'équipe bénévole du Planning Familial 13.
21h30 - Atelier proposé par l'équipe bénévole du Planning Familial 13.
Restauration et boissons payantes sur place à la buvette solidaire de Chez Marthe.
La Ville de Marseille soutient de nombreuses actions de prévention et d’accès à la santé sexuelle :
- en subventionnant des associations de défense des droits des femmes, de droits sexuels et reproductifs (Planning familial 13, CIDFF, CRIPS, etc.)
- en organisant des évènements et des journées de sensibilisation autour du droit à l’avortement (25 novembre 2024 : diffusion et débat en présence du planning et de la réalisatrice du documentaire "Vous devrez rester vigilantes" de Marie de Brauer et Esther Meunier, et "Que Sea Ley" de Juan Solanas)
50 ans de la loi Veil
Vendredi 17 janvier 2026 a marqué les 50 ans de la loi pour le droit à l'avortement, porté par la ministre de la Santé de l'époque, Simone Veil.
Pour défendre son projet de loi, quelques semaines avant le vote, Simone Veil avait alors déclaré à l'Assemblée nationale : "Je voudrais tout d'abord vous partager une conviction de femme (...) Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement. Il suffit d'écouter les femmes, c'est toujours un drame. Cela restera toujours un drame."
Il y a 50 ans, le combat des femmes porté par Simone Veil à la tribune de l’Assemblée nationale trouvait enfin écho dans la loi.
Alors que ce droit fondamental reste menacé dans de nombreux pays, son discours du 17 janvier 1975 demeure un modèle de courage et une source… pic.twitter.com/G6my0nhYsI— Benoît Payan (@BenoitPayan) January 17, 2025
Des années de combat féministe
Le 17 janvier 1975, la loi autorisant l’interruption volontaire de grossesse (IVG) dite "Loi Veil" est promulguée. C'est aussi le résultat d'années de combat acharné des mouvements féministes pour le droit des femmes à disposer de leurs corps. En 1971, le Manifeste des 343, publié dans Le Nouvel Observateur et rédigé par Simone de Beauvoir, donne la parole aux femmes qui ont dû avorter illégalement. Il est signé par de nombreuses personnalités, comme les actrices Jeanne Moreau, Catherine Deneuve ou encore l'écrivaine Marguerite Duras. En effet, jusque dans les années 1970, l'avortement est interdit. Celles qui le pratiquent le font clandestinement, et au risque de complications pouvant entraîner la mort.
Vient ensuite le procès de Bobigny, qui aura un immense retentissement. Marie-Claire Chevalier et sa mère, Michèle, sont jugées en 1972. La première, pour avoir avorté après un viol subi à l'âge de 16 ans, et la deuxième, pour l'avoir aidée. Leur défense est assurée par l'illustre avocate féministe Gisèle Halimi, qui transforme le procès en plaidoirie contre la répression de l'avortement. L'IVG sera légalisé trois ans plus tard.
La France, premier pays du monde à inscrire le droit à l'avortement dans sa Constitution
En cinquante ans, le droit à l'IVG a progressé en France. La période de recours a été allongée, le délai de réflexion de 7 jours supprimé. Et le 8 mars 2024, le Parlement a voté l'inscription dans la constitution de la liberté garantie pour chaque femme d'avoir recours à l'IVG. La France est ainsi devenue le premier pays du monde à inscrire le droit à l'avortement dans sa Constitution.
Aujourd’hui, toutes les femmes, y compris mineures (et sans autorisation parentale), peuvent recourir à l’avortement jusqu’à 14 semaines de grossesse. En fonction du terme de la grossesse et du choix de la femme, il est possible d’avorter par voie médicamenteuse ou instrumentale (chirurgicale) en prenant rendez-vous avec un médecin ou une sage-femme dans un cabinet de ville, un établissement de santé (hôpital, clinique), un centre de santé ou un centre de santé sexuelle. Il est également possible de réaliser une IVG en téléconsultation.
L’IVG est un acte de soins pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie. Les femmes n’ont aucune avance de frais à effectuer. Aucun dépassement d’honoraires n’est possible. Et cet acte est protégé par le secret pour toutes les femmes, même mineures. L’anonymat est possible. Toutes les femmes qui souhaitent recourir à une IVG peuvent bénéficier d’un entretien psychosocial, et celui-ci reste obligatoire pour les mineures.
Ressources et contacts utiles
Malgré toutes ces avancées, des entraves se dressent devant les femmes souhaitant avorter. 82% de celles qui ont eu recours à un IVG rapportent l'existence de freins, selon un baromètre Ifop pour le Planning familial publié en septembre 2024.
Des ressources existent pour recueillir les questions, informer et garantir le droit à l'IVG pour toutes.
- Deux dispositifs ont été créés à l'échelle nationale : le site ivg.gouv.fret le numéro vert national :
0800 08 11 11 (accessible par téléphone ou tchat) - Plateforme téléphonique régionale portée par le Planning familial 13 : 0800 08 11 11
- Parlons sexualités, site des 15-25 ans pour s'informer sur tous les enjeux autour de la sexualité, du corps, de la contraception, des sentiments, des violences, de l'avortement.
- Trouver un lieu où pratiquer une IVG : Page dédiée de l'ARS Paca
- Page Droits des femmes