← Revenir aux actualités
Chantal Langlacé, pionnière

Chantal Langlacé, pionnière


Chantal Langlacé est une pionnière dans l'histoire de la course à pied. Pourquoi ? Elle bravait les interdits quand les femmes étaient exclues des longues courses sur route. Voici l'histoire d’une championne...

Chantal et la course à pied : plus qu’une passion, c’est l’histoire de sa vie. Retour en arrière. Nous sommes dans les années 70, Chantal établit ses meilleures performances mondiales. Pourtant, les femmes n’ont pas le droit d’être sur les lignes de départ. Les longues distances, comme les marathons, sont jugées trop dangereuses pour leur santé et leur fertilité... Les compétitions officielles d’athlétisme limitent la distance à 5 km, pas plus !

Alors Chantal, jeune sportive, refuse ces barrières et brave les interdits.

Je m’inscrivais en prenant le nom d’un homme, je choisissais des tenues plus masculines et, comme je n’étais pas très grande, je me faisais discrète.


À 19 ans, elle réalise la meilleure performance mondiale à Neuf-Brisach en 1974 et termine le marathon en 2 h 46 min 26 s.

Prendre le départ sans espoir de classement n’a jamais entamé sa motivation. Au contraire. « J’avais du tempérament, j’étais un peu rebelle. Je portais le maillot du mouvement Spiridon pour marquer mon engagement en faveur de l’inclusion des femmes dans ma discipline. »

Ses performances sur les marathons en France et à l’étranger, comme celles d’autres ambassadrices de la course à pied féminine, finissent par faire bouger les lignes. Il faudra quand même attendre les années 80, et surtout les JO de Los Angeles en 1984, pour que les marathons féminins soient autorisés.

Chantal pourra enfin courir librement et accrocher à son impressionnant palmarès deux records du monde (1974, 1977), trois titres de championne de France (1982, 1984, 1986), et un titre de championne de France du 100 km (1984), tout en menant de front son métier de professeur d’éducation physique et sa carrière de sportive de haut niveau pendant près de vingt ans.

Gagner des courses + ouvrir la route aux femmes

Elle n’a pas seulement gagné des courses, elle a contribué à ouvrir la route aux femmes, comme avec L’Amiénoise, qu’elle fonde en 1999, où elle propose, en plus d’une épreuve qui leur
est réservée, une préparation physique spécifique aux participantes.

Aujourd’hui, Chantal court toujours mais pour le plaisir. En 2024, elle a été porteuse de la flamme olympique à Amiens. « Une grande fierté et un signe de reconnaissance. » Même si, au départ, cette discipline ne la branchait pas vraiment. « Quand j’ai commencé le sport au collège, je préférais le tennis de table, le foot ou le vélo. Mais une carrière se fait de rencontres. Je fréquentais un petit club où les entraîneurs étaient des coureurs de fond. C’est parti comme ça. »

Elle détient le record du marathon de Lille

Chantal a marqué le tout premier marathon de Lille en 1986, qu’elle a bouclé en 2 h 33 min 58 s. Un record féminin jamais battu dans les dix éditions ! « Ça a été une belle course tactique. J’étais au coude à coude avec une autre Française. Elle m’a suivie tout le temps et, à la fin, j’ai accéléré et je l’ai distancée. »

Alors, pas question pour elle de manquer l’édition 2026, de retour après 31 ans d’absence. « Je m’entraîne pour ça depuis trois mois et, dans ma tête, je suis prête. Cette fois, je ne vise pas le record : mon objectif c’est de le terminer ! », dit-elle en souriant. Mais méfiez vous, surveillez vos arrières… Chantal est une gagnante !

PAR SABINE DUEZ

Tout savoir sur le marathon de Lille 2026


← Revenir aux actualités