Après leur lancement, les Commissions citoyennes sont déjà sur le pont
Sommaire
9 heures. Les membres des commissions affluent dans les jardins de la mairie. Parmi les plus de 3 000 Bordelaises et Bordelais ayant répondu à l’appel de la Ville, ils sont 252 à avoir été tirés au sort. Leurs missions ? Participer aux projets locaux, faire remonter les attentes de leur quartier, donner un avis sur les projets déposés dans le cadre du budget participatif de proximité, proposer des initiatives et informer leurs concitoyens : bref, faire vivre la démocratie locale.
« Bordeaux mon quartier » : une stratégie de proximité globale
Vous allez donner votre avis, apprendre, et nous apprendre, car vous êtes des experts d'usage, vous connaissez parfaitement vos secteurs et quartiers , résume Alexandra Siarri, première adjointe au maire également en charge de la proximité et de la participation citoyenne.
À une époque où la société se fracture, nous avons intérêt à nous rassembler et à montrer qu’au-delà des convictions et sensibilités, nous savons travailler ensemble."
Thomas Cazenave, maire de Bordeaux
L'ordre du jour : faire connaissance, partager ses attentes, exprimer des priorités citoyennes et commencer à se projeter dans le travail des commissions. C’est parti !
Jihene, membre de la commission Nansouty/Saint-Genès © P. Planchenault
Saint-Genès, Bordeaux maritime… : lancement des ateliers
Jihene s’apprête à rejoindre les salons de l’hôtel de ville pour participer à l’atelier du quartier Nansouty/Saint-Genès. Inscrite d’elle-même à la suite de l’appel à candidature de la Ville, elle souhaite s’investir dans la vie locale : Dans mon quartier, il y a beaucoup de choses que j’aime, et d’autres que j’aimerais faire évoluer en lien avec la dynamique de Saint-Genès, ou encore des questions de partage de la voirie entre les différents usagers , détaille-t-elle.
Marine, Alexis et Nicolas, membres de la commission Bordeaux maritime. © P. Planchenault
Premiers échanges
Cap sur Bordeaux maritime. Après un temps de présentations, place aux échanges en petits groupes autour des motivations de chacun. Habitant du quartier Ginko, Nicolas est particulièrement sensible aux sujets qui touchent à la solidarité et l’isolement. Il fourmille d’idées qui permettraient de se montrer présent pour les familles en difficulté : aide aux devoirs, collecte de fournitures scolaires…
Alexis acquiesce. Gérant d’un petit bar à cocktail aux Bassins à flot, lui est préoccupé par l’encadrement de la vie nocturne : Ce quartier est festif, c’est son identité et c’est super. Mais il y a des problématiques liées à la consommation excessive d’alcool (au retour des boîtes de nuit, NDLR) et à la proximité d’une quatre voies dangereuse de jour comme de nuit , conclut-il.
Voisine de son établissement, Marine connaît le contexte. Elle vit rue de la Faïencerie, très festive la nuit et dotée d’un nouveau jardin tout neuf, bien équipé, avec tables de pique-nique, distributeurs de sacs à déjection canines, mais pas de poubelles ! Trois participants, trois regards sur leur quartier, et autant de pistes de réflexion.
La commission citoyenne comme un moyen d’accompagner des projets d’intérêt général."
Des sujets du quotidien, concrets
Deuxième temps de travail avec la commission du quartier Bordeaux centre : chacun est invité à présenter les motivations d’un participant avec lequel il a échangé. Un exercice de reformulation croisée destiné à renforcer la compréhension mutuelle. Corentin présente ainsi sa voisine Lucile, qui elle-même présente Sarah habitante de la rue Judaïque engagée dans la vie associative de longue date et qui voit la commission citoyenne comme un moyen d’accompagner des projets d’intérêt général.
Les ateliers permettent d’aborder finement les spécificités des secteurs. © P. Planchenault
Faire émerger de grands thèmes
Quelques mètres plus loin, salon Fourcade, la commission Bordeaux Sud s’attelle à la structuration en grands thèmes de l’ensemble des motivations exprimées. Dans ce quartier aux multiples facettes, on soulève des questions de commerces de proximité et de lieux de convivialité pour le secteur d’Armagnac , chuchote Linon Cier, élue de proximité du nouveau quartier, qui observe attentivement les échanges.
Côté Saint-Michel et Capucins, on évoque pêle-mêle des problématiques d’insécurité, de gentrification, d’insalubrité, d’injustices sociales… Complexe. La vie du quartier a beaucoup évolué ces dernières années, mais pas son image , résume une participante. À méditer.
Nathan, habitant de La Bastide : « Les discussions m’ont amené sur le terrain des lieux de vie et d’échange. » © P. Planchenault
Réactions à chaud
Les ateliers touchent à leur fin avec un point de synthèse réalisé par chaque maire adjoint. Nathan habite à La Bastide. Que pense-t-il de cette première rencontre ? Initialement, j’avais en tête des questions de propreté, sécurité et stationnement. Les discussions m’ont amené sur le terrain des lieux de vie et d’échange, de cette connexion des uns avec les autres qui manque un peu.
Croisé un peu plus tôt lors de l’atelier du quartier Bordeaux maritime, Yohan David se fond dans la foule des participants pour une photo de groupe qui viendra clore cette matinée de travail. En tant qu’élu de proximité du quartier Chartrons Haussmann, comment a-t-il vécu cette rencontre ? Elle a permis de voir tous les acteurs qui ont envie de travailler avec nous. Nous sommes moins seuls, plus embarqués. Plus challengés aussi ! C’était très stimulant. Et à la fin, les participants se sont applaudis.
La suite des événements
Les commissions citoyennes se réuniront 5 à 6 fois par an dans chaque quartier.
Les premiers rendez-vous sont programmés les 29 et 30 septembre 2026
Le fonctionnement des commissions citoyennes (Ouvrir dans une nouvelle fenêtre)
Témoignages
Léa,
habitante de Caudéran
Je participe à la commission citoyenne à la suite d’un tirage au sort. Je sors d’un master d’urbanisme, et le sujet m’a intéressée puisqu’il s’agit de concevoir la ville de demain et de travailler à l'échelle des quartiers.
© P. Planchenault
Marie-Pierre et Salman,
Les Aubiers
Nous sommes membres du conseil citoyen des Aubiers. Faire bouger les choses, c’est dur. Si ces commissions rassemblent et permettent d’avoir encore plus d'échanges, si cela permet d’être plus nombreux, alors c’est génial.
© P. Planchenault
Romain,
association Exit au Grand Parc
Notre association porte un projet au Grand Parc. J’ai souhaité participer aux commissions citoyennes pour être davantage inclus dans la vie du quartier, rencontrer, écouter, voir ce que l’on peut faire en termes citoyen et démocratique.
© P. Planchenault
Pierrette,
habitante du quartier Saint-Augustin
J’ai été tirée au sort et j’ai répondu favorablement afin de m’investir dans la vie du quartier. Cela me permet de mettre un pied dans un système que je ne connais pas, et ce sera l’occasion de créer des dynamiques, de participer à des projets.
© P. Planchenault
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