PLFSS 2027 : pourquoi j'ai choisi de m'abstenir
Le rejet du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027 soulève une question essentielle : comment préserver notre modèle social si nous renonçons, les unes après les autres, aux recettes nécessaires à son financement ? Avec mon groupe Les Démocrates, j'ai fait le choix de l'abstention pour défendre une ligne de responsabilité budgétaire et de justice sociale.
Un budget nécessaire pour préserver notre protection sociale
Notre système de Sécurité sociale constitue l'un des piliers de notre modèle républicain. Il protège les Français face à la maladie, accompagne les familles et garantit la solidarité entre les générations.
Mais pour continuer à assurer ces missions, il doit pouvoir s'appuyer sur un financement durable.
Le projet de loi présenté par le Gouvernement comportait des efforts indispensables pour maîtriser notre dette et préserver notre système de protection sociale. Avec mon groupe Les Démocrates, nous étions prêts à accompagner cette démarche, tout en défendant des mesures complémentaires pour garantir un effort juste et partagé.
Un déficit aggravé de 23 milliards d'euros au fil des votes
Au cours de l'examen du volet recettes du PLFSS, plusieurs dispositions destinées à financer notre protection sociale ont été successivement supprimées.
Le résultat est particulièrement préoccupant : alors que le déficit prévisionnel de la Sécurité sociale pour 2027 était initialement fixé à 12,7 milliards d'euros, les votes intervenus à l'Assemblée nationale l'ont aggravé de 23 milliards d'euros supplémentaires, avant même le début de l'examen des dépenses.
Dans le même temps, plusieurs mesures de prévention en santé ont été rejetées, alors qu'elles auraient pu contribuer à limiter le développement des maladies chroniques évitables et, à terme, les dépenses de soins.
Nous ne pouvons pas, d'un côté, affirmer notre attachement à notre modèle social et, de l'autre, supprimer les moyens nécessaires à son financement.
Pourquoi j'ai fait le choix de l'abstention
Avec les députés de mon groupe, j'ai donc choisi de ne pas voter en faveur de cette partie du texte.
Cette abstention n'est pas un refus de l'effort budgétaire. C'est au contraire le refus de cautionner un budget dont l'équilibre a été profondément remis en cause au fil des débats.
Le rejet du volet recettes a entraîné celui de l'ensemble du PLFSS, transmis au Sénat dans sa version initiale.
Cette situation montre les difficultés auxquelles nous sommes confrontés : il est indispensable de débattre des choix budgétaires, mais aussi d'en assumer collectivement les conséquences.
Défendre une ligne de responsabilité et de justice
Notre pays doit retrouver des marges de manœuvre pour financer durablement ses politiques publiques et répondre aux besoins de nos concitoyens.
Cela suppose des efforts mesurés, équitablement répartis, une véritable exigence de justice fiscale et une attention constante à la protection des plus fragiles.
C'est cette ligne que je continuerai à défendre : préserver notre modèle social aujourd'hui, sans compromettre sa pérennité pour les générations futures.
