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1re circonscription de l'Allier

Circonscription législative

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En circonscriptionC茅r茅monies du 8 mai 2026

En circonscriptionC茅r茅monies du 8 mai 2026

Le discours que j’ai prononcé, cette année, à l’occasion des cérémonies du 8 mai commémorant la fin de la seconde guerre mondiale :

Mesdames, Messieurs les représentants des autorités civiles et militaires,

Mesdames, Messieurs les représentants d’associations d’anciens combattants, résistants et déportés,

Mesdames, Messieurs les élus,

Mesdames, Messieurs,

Si nous sommes, fidèlement comme chaque année, réunis ici en cette date anniversaire du 8 mai, c’est que nous mesurons, même 81 ans après, combien le cataclysme de la seconde guerre mondiale a marqué (et marque encore) notre histoire collective.

Certes, les témoins directs de cette époque sont, malheureusement, de moins en moins nombreux.

Certes, les anciens combattants, les anciens Résistants, les derniers Rescapés des camps de concentration disparaissent les uns après les autres, laissant place aux générations nouvelles qui devront, dorénavant, s’en remettre aux seuls livres d’Histoire.

Aussi je pense qu’il faut remercier, féliciter, encourager les organisateurs de ces cérémonies, et notamment la jeune génération que je suis toujours très heureux de voir présente, comme aujourd’hui.

Car ces cérémonies sont essentielles, et décisives : « un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre ».

Voilà pourquoi je pense qu’aujourd’hui, toute complaisance avec les héritiers actuels du Maréchal Pétain est une insulte faite aux Résistants qui ont payé de leur vie la libération de notre pays du joug nazi.

Nous ne sommes pas là pour satisfaire simplement à une cérémonie d’hommage à laquelle nous participerions par habitude, ou par simple fidélité. Nous sommes là parce que l’héritage des Résistants et des Libérateurs du 8 mai 1945 nous parle pour aujourd’hui, et pour demain.

C’est tellement vrai, dans le contexte actuel :

Si nous avons pu, pendant plusieurs décennies, vivre dans un ordre mondial que l’on peut considérer comme relativement stable, 81 ans après de nouveaux impérialismes émergent, de nouveaux élans de nationalisme agressif et belliqueux piétinent les peuples, les droits humains et les institutions internationales.

Les stratégies de surarmement et de domination économique alimentent à nouveau un cycle interminable de tensions et de conflits, partout dans le monde.

De nouveaux dirigeants englués dans leurs logiques de puissances et de domination, encouragent l’unilatéralisme, les replis identitaires et xénophobes, l’antisémitisme et l’obscurantisme.

Et le plus inquiétant à mon sens, c’est la remise en cause aujourd’hui systématique du droit et des institutions internationales, bafoués impunément par ceux qui seraient censés, au contraire, préserver ces équilibres fragiles et ces règles de vie commune issues de la tragédie de la seconde guerre mondiale.

Relisons le préambule de la Charte des Nations Unies qui commence par ces mots formidables : « Nous, peuples des Nations Unies » ! « Nous, peuples des Nations Unies, résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui, par deux fois en l’espace d’une vie humaine a infligé à l’Humanité d’indicibles souffrances… ».

Nous sommes bien loin aujourd’hui de ce préambule de la Charte des Nations Unies, alors que les dépenses militaires mondiales ont atteint cette année 2 718 milliards de dollars, en hausse pour la 10ème année consécutive, et à l’heure où nous sommes sommés de nous engager dans une « économie de guerre » pour nous préparer à l’éventualité d’un nouveau conflit de grande ampleur.

Dire cela, ce n’est pas faire preuve de naïveté. Dire cela, c’est affirmer que les enseignements du passé doivent nous conduire à tout faire pour dévier le monde de cette trajectoire funeste, à tout faire pour empêcher le pire.

Et empêcher le pire, c’est privilégier le dialogue, la diplomatie, le cessez-le feu… plutôt que les discours martiaux, les coups de menton, le surarmement et les stratégies militaires.

C’est engager des processus de paix, plutôt que se résigner à la guerre.

C’est s’en remettre à l’Organisation des Nations Unies, plutôt qu’à des coalitions militaires « bloc contre bloc ».

C’est ne pas se résoudre au pire, mais affronter courageusement le combat pour la Paix, qui selon Jean Jaurès, assassiné 3 jours avant le déclenchement de la Grande Guerre, est « le plus grand des combats ».

Je vous remercie.


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