
Situation du collège Éléonore-de-Provence de Monségur : suppressions de classes, refus de dérogation et avenir de l’établissement
Courrier adressé à François-Xavier Pestel, DASEN de la Gironde – Septembre 2026
J’ai été alertée par plusieurs membres de la communauté éducative du collège Éléonore-de-Provence de Monségur sur la dégradation des conditions d’enseignement au sein de cet établissement rural.
En deux rentrées successives, le collège a perdu deux classes : une classe de sixième à la rentrée précédente, puis une classe de cinquième à la rentrée 2026. Ces suppressions conduisent désormais à des effectifs particulièrement élevés :
- 29 et 30 élèves dans les deux classes de sixième ;
- 29 et 30 élèves dans les deux classes de cinquième.
Ces effectifs ne rendent toutefois qu’imparfaitement compte de l’occupation réelle des salles. Avec la présence des élèves relevant du dispositif ULIS et des personnels AESH nécessaires à leur accompagnement, certaines classes accueillent jusqu’à 33 ou 34 personnes dans des locaux prévus pour 30. Cette situation contraint fortement l’organisation matérielle des enseignements, compromet la qualité de l’accompagnement des élèves, notamment de ceux ayant des besoins particuliers, et dégrade les conditions de travail de l’ensemble de la communauté éducative.
Ces décisions apparaissent d’autant plus difficilement compréhensibles que l’internat d’excellence du collège dispose encore de capacités d’accueil. Cinq élèves admis sur dossier par l’établissement pour une entrée en cinquième auraient vu leur demande de dérogation refusée par la DSDEN au motif que les classes de ce niveau comptaient déjà trop d’élèves. Deux autres demandes concernant le niveau quatrième auraient également été refusées, sans que leur motif soit clairement porté à la connaissance de l’établissement. Au total, l’internat pourrait pourtant accueillir une dizaine d’élèves supplémentaires à moyens constants.
La situation présente ainsi une contradiction manifeste : les suppressions de divisions provoquent une surcharge des classes, puis cette même surcharge est invoquée pour refuser l’admission d’élèves au sein d’un internat qui n’est pas complet. Ces refus privent l’établissement d’effectifs qui auraient pu justifier le maintien ou l’ouverture d’une division supplémentaire, tout en empêchant des élèves de bénéficier d’un dispositif auquel ils avaient été admis par le collège.
Au-delà de leurs conséquences immédiates, ces décisions nourrissent une profonde inquiétude quant à l’avenir de l’établissement. La communauté éducative redoute la poursuite d’une trajectoire qui ferait passer le collège de douze à huit classes en quatre ans. Dans un territoire marqué par la ruralité et l’éloignement des services publics, une telle évolution fragiliserait durablement l’offre éducative de proximité et, plus largement, la vitalité de toute la commune et de son bassin de vie.
Je demande donc de connaître précisément les éléments ayant conduit la DSDEN :
- à supprimer successivement une classe de sixième puis une classe de cinquième ;
- à refuser les dérogations sollicitées pour des élèves admis par l’établissement à l’internat d’excellence ;
- à maintenir ces décisions malgré les capacités encore disponibles au sein de l’internat et les
conditions particulièrement contraintes constatées dans les classes.
Je demande également au Directeur académique de bien vouloir m’indiquer quelle stratégie la DSDEN entend poursuivre à moyen terme concernant le collège de Monségur ? Une nouvelle réduction du nombre de divisions est-elle envisagée pour les prochaines rentrées ? Une réorganisation de la carte scolaire, un rapprochement ou un regroupement avec un autre établissement, notamment le collège de Pellegrue, sont-ils à l’étude ?
Il importe que les personnels, les familles et les élus du territoire disposent d’une information claire sur les objectifs effectivement poursuivis.
Au regard de l’urgence de la situation, je sollicite enfin le réexamen immédiat des moyens attribués au collège pour l’année scolaire en cours, notamment la possibilité de rétablir une division en sixième et une division en cinquième, ainsi que la réévaluation des sept demandes de dérogation refusées.
Une attention particulière doit être portée aux effectifs réels présents dans les salles, en intégrant les élèves du dispositif ULIS et les AESH, plutôt qu’au seul nombre administratif d’élèves inscrits dans chaque division.
L’École de la République doit garantir aux élèves des territoires ruraux les mêmes conditions d’apprentissage, d’inclusion et de réussite qu’ailleurs. Elle ne peut devenir le facteur d’un affaiblissement progressif des services publics dans des communes qui ont, au contraire, besoin de leur consolidation.
