Circonscription législative
12e circonscription de la Gironde
Refus d’implantation d’une IRM à Créon : L’accès aux soins des habitants de l’Entre-Deux-Mers ne peut être une variable d’ajustement
J’apprends avec une réelle inquiétude la décision de l’Agence régionale de santé Nouvelle-Aquitaine de refuser l’autorisation d’implantation d’une IRM à Créon, portée par le groupe ENOSIS, gestionnaire du centre d’imagerie médicale implanté sur la commune depuis 1989.
Ce refus, motivé par le fait que cette implantation ne serait pas prévue dans le Projet régional de santé, est difficilement compréhensible au regard des besoins très concrets du bassin de vie de Créon et, plus largement, de l’Entre-deux-Mers.
Les schémas se modifient. Les réalités territoriales s’imposent. La santé n’est ni un luxe, ni une simple affaire de cases administratives ou de contrats. Elle est un droit fondamental, qui doit être garanti partout, y compris dans les territoires ruraux et périurbains.
Les habitants du Créonnais font déjà face à des difficultés importantes d’accès aux soins. Les IRM les plus proches se situent à Libourne ou à Floirac, à plus de trente minutes de route, dans un territoire où les transports en commun restent inexistants (Libourne) ou très compliqués et chronophages. Les délais d’accès à l’imagerie médicale sont déjà excessivement longs, alors même que la patientèle du centre de Créon est en forte hausse ces dernières années. Dans un bassin de vie vieillissant, où de nombreux patients rencontrent des difficultés de mobilité, ce refus de rapprocher l’offre de soins revient à aggraver sciemment les inégalités territoriales de santé.
Dans le même temps, je veux manifester mon incompréhension face à la décision du groupe ENOSIS, qui a annoncé qu’un refus d’autorisation d’IRM conduirait à la fermeture du centre d’imagerie médicale de Créon. Une telle perspective est réellement choquante. Le centre vit bien, accueille une patientèle en constante augmentation et exerce une activité essentielle pour les habitantes et les habitants du territoire.
Les entreprises privées intervenant dans le champ de la santé ne sont pas des entreprises comme les autres. Elles participent à une mission d’intérêt général. À ce titre, elles ne peuvent faire peser sur les patients, les professionnels de santé et les élus locaux les conséquences de choix économiques ou de décisions administratives qui les dépassent. La santé de nos concitoyennes et concitoyens ne doit pas devenir un moyen de pression.
Le maintien du centre d’imagerie médicale de Créon est indispensable et plébiscité. Son développement, notamment par l’installation d’une IRM, doit être sérieusement pris en compte, à l’aune des besoins réels du territoire, des délais d’accès aux examens, du vieillissement de la population et de l’enjeu de continuité des parcours de soins, en particulier en matière de dépistage et de suivi oncologique. Le maintien des offres de soins est un enjeu primordial alors que de trop nombreux territoires luttent contre la désertification médicale.
Je vais donc prendre contact dès à présent avec la direction de l’ARS Nouvelle-Aquitaine, avec le groupe ENOSIS, ainsi qu’avec les élus du territoire et les professionnels de santé concernés, afin de trouver un chemin permettant à la fois le maintien de l’activité d’imagerie médicale à Créon et son développement.
L’administration et les opérateurs privés doivent se parler, se responsabiliser et cesser de faire de la santé des habitantes et habitants une variable d’ajustement. À Créon comme ailleurs, l’accès aux soins doit primer sur les logiques administratives et financières.
Je serai pleinement mobilisée aux côtés des habitantes et habitants, des élus locaux et des professionnels de santé, qui ont déjà lancé une pétition, pour défendre le maintien du centre d’imagerie médicale de Créon et obtenir une solution durable pour l’accès à l’imagerie dans l’Entre-deux-Mers.