Mobilisation pour le Planning Familial de Gironde devant les locaux de l’ARS
Ce jeudi 25 Juin, la foule était dense et déterminée à soutenir le Planning Familial ainsi que toutes les associations essentielles à la protection des femmes, des enfants et des minorités de genre.
Nous avons collectivement réussi à éviter une coupe drastique de 160 000€ (1/3 des subventions du Planning Familial de la Gironde), mais nous devons rester vigilant.e.s face à la culture de la rentabilité ancrée au plus haut niveau de l’Etat et par ricochet, chez nombre de décisionnaires. Il est impératif de sécuriser sur plusieurs années le financement des associations féministes et enfantistes pour assurer la sérénité des salarié.e.s et l’efficacité des actions.
La notion « d’action probante » est indécente. On ne peut pas associer productivité et protection de l’enfance, productivité et lutte contre les violences sexuelles. On parle de soin, d’accompagnement, de justice, d’écoute, de protection. Avant d’investir dans des guerres hypothétiques, investissons massivement dans la seule guerre légitime: celle contre les dominations systémiques bien réelles, profondes et violentes.
Discours tenu à Bordeaux lors de la mobilisation
« Bonjour à toutes et tous,
Je suis Mathilde Feld, députée de la 12ème circo de Gironde. Je siège en tant que commissaire aux finances dans le groupe de la France Insoumise.
Je veux d’abord adresser tous mes remerciements à vous toutes et tous, citoyennes, militantes associatives, bénévoles, salariées qui êtes sur le terrain et qui faites un travail exceptionnel de prévention et d’éducation, mais aussi d’accompagnement des victimes.
C’est d’abord votre action et votre détermination qui permet de porter des coups à ce système de domination patriarcale qui opprime les femmes et les enfants depuis des siècles.
Vos combats et vos luttes sont essentiels et vous me trouverez toujours à vos côtés.
J’ai participé à la commission d’enquête sur le traitement judiciaire de l’inceste et j’ai pu prendre la mesure de l’immense travail qu’il nous reste à faire collectivement.
Le planning familial constitue à cet égard un maillon essentiel de la chaine de protection des personnes vulnérables. Sa capacité à se déployer sur 24 communes du département est un atout essentiel. Ses interventions auprès des jeunes, son travail d’éducation à la vie affective et relationnelle et à la sexualité,
son accompagnement des victimes de violences sexistes, sexuelles et intrafamiliales ainsi que son expertise en matière de santé sexuelle, contribuent quotidiennement à faire émerger la parole, à repérer les situations à risque et à orienter les personnes vers les dispositifs adaptés.
Chacune à notre place nous avons notre rôle à jouer.
Comme nous l’avons fait pour cette question cruciale de la subvention. Mon intervention publique auprès du gouvernement n’a pu être efficace que parce-que VOTRE action de terrain est reconnue, comme le prouve le succès de la pétition (80 000) et l’ensemble des soutiens que vous avez reçus.
Ce sont ces forces conjointes qui maintiendront la pression sur le gouvernement et qui l’obligera à agir.
Nous avons franchi une première étape avec l’assurance du maintien des fonds pour 2026 pour l’ensemble des associations nationales du planning familial. Mais nous ne devons pas baisser la garde et obtenir la pérennisation de ces subventions pour faire cesser cette situation d’incertitude permanente qui nuit à la sérénité des personnes et à l’efficacité des actions.
Nous devons dénoncer l’argument de l’ARS qui parle de résultats probants. C’est encore et toujours la marque de ce gouvernement qui ne raisonne qu’en termes de rentabilité.
L’accompagnement des personnes en détresse ne se chiffre pas en euros. Le financement de vos associations n’est pas une question d’indicateurs, c’est une question politique !
Oui ou non, voulons-nous sortir de ce vieux monde moisi de domination patriarcale ?
Oui ou non, voulons-nous que chacune et chacun puisse disposer librement de son corps ?
C’est pour cela que nous sommes là.
Je le redis avec vous, comme je l’ai dit mardi au gouvernement nous demandons au moins 3 milliards par an pour lutter contre toutes les formes de violences faites aux femmes, aux enfants et aux minorités de genre.
Ce gouvernement ne semble pas avoir de difficultés pour les trouver afin de préparer une guerre.
Nous les demandons pour préserver nos vies ! »