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Commémoration des héros de la résistance et des victimes de la déportation à
St-Pierre-d’Aurillac

Commémoration des héros de la résistance et des victimes de la déportation à St-Pierre-d’Aurillac

Discours du 24 Avril 2026

Nous sommes réunis aujourd’hui pour honorer la mémoire des déportés, ceux de Saint-Pierre-d’Aurillac bien-sûr, mais notre pensée se tourne aussi vers les autres victimes, toutes ces femmes et ces hommes arrachés à leur terre, à leur famille, à leur vie, pris dans l’engrenage d’une innommable machine industrielle d’extermination.

Saint-Pierre-d’Aurillac, comme tant d’autres communes de Gironde et de France, a payé son tribut pendant la Seconde Guerre mondiale. Des familles ont été brisées, des vies ont basculé dans l’horreur des camps. Ces déportés, résistants, otages ou simples citoyens, ont été emportés par la folie meurtrière d’un régime qui méprisait la liberté et l’humanité.

Maxime LAFOURCADE fut de ceux-là, héros de la résistance, avec ses frères de combat Élie Juzanx, Roger Mahieu et un jeune maquisard malheureusement non identifié, tous martyrisés et fusillés le 11 Juillet 1944 par les Allemands qui incendièrent la maison, sous les yeux réjouis de la milice de Vichy. Nous ne devons pas oublier.
Sa mémoire est honorée sur les plaques commémoratives de Sauveterre-de-Guyenne, sur le monument aux morts de Saint-Pierre d’Aurillac où il a été inhumé et sur le Mémorial du Grand Orient de France, à Paris.

Son frère, Jean participait également à la Résistance en Gironde. Arrêté, il fut déporté dans un convoi parti de Bordeaux le 28 juin 1944 et revint de Dachau. Militant communiste actif de Gironde, il assura la fonction de maire de Saint-Pierre d’Aurillac de 1965 à 1993. Aujourd’hui, en leur rendant hommage, nous voulons nous souvenir. Nous voulons donner un sens à leur mort brutale et atroce.

Nous voulons affirmer que la banalisation des propos fascistes et des gestes nazis est une injure insupportable faite à ces femmes et ces hommes qui ont donné leur vie pour un combat qui ne doit jamais cesser : celui contre le fascisme, contre l’oppression, contre toute idéologie qui nie la dignité humaine.

Nous voulons clamer notre effroi, de voir défiler dans les rues de Lyon, ville du calvaire de Jean Moulin, des néo-nazis totalement décomplexés, arborant des croix gammées et scandant des slogans xénophobes et antisémites ! Mais quelle ignominie pour toutes celles et ceux qui ont combattu les nazis et pour leurs descendants !
Honte aux responsables qui ont autorisé cet outrage !

Si on ne le combat pas, le fascisme ne meurt jamais vraiment.

Il se recompose, change de visage, mais son venin reste le même : le mépris de l’autre, le culte de la force, le rejet de la différence.
Hier, il portait l’uniforme nazi ou celui de Vichy. Aujourd’hui, au quotidien, il se cache derrière des costumes cravates et des sourires préfabriqués.
Il est accueilli avec bienveillance sur tous les plateaux télé. Il est diffusé nuit et jour dans les médias détenus à 80% par 10 milliardaires qui nous distillent leur représentation du monde à travers des discours de haine, de racisme, de suprémacisme, de fantasmes du grand remplacement, de violences assumées contre les plus fragiles. Pire. Il bénéficie d’une minute de silence à l’Assemblée Nationale. L’insulte faite aux déportés et aux résistants est immense. Nous n’avons pas le droit de regarder ailleurs et de faire comme s’il ne se passait rien. Le Rassemblement National n’a jamais rompu avec son logiciel. Nous ne pouvons pas laisser dire qu’un parti fondé par des Waffen SS et des collaborationnistes défend un projet respectable.

Résister, c’est se souvenir.
Se souvenir des déportés, des fusillés, des familles brisées. Se souvenir que la démocratie est un bien précieux, mais fragile. Se souvenir que chaque génération a le devoir de transmettre cette mémoire, pour que plus jamais on n’établisse une hiérarchie entre les humains.

Résister, c’est agir.
Se mobiliser contre l’extrême droite et son programme raciste, sexiste et évidemment capitaliste. Se mobiliser, c’est préserver par tous les moyens les valeurs de la République inscrites aux frontons de nos mairies.

Résister, c’est convaincre que le peuple peut reprendre le pouvoir par les urnes, qu’il n’a pas besoin de chef.fe.
Convaincre que nous pouvons collectivement bâtir un monde où la paix l’emporte sur la guerre, où la raison triomphe de la haine, où la solidarité efface les frontières.

Les résistants d’hier nous ont montré la voie et nous sommes leurs obligé.e.s. Nous n’avons pas le droit de les trahir.

Il est invraisemblable que nous soyons aujourd’hui, aussi près du bord du précipice. Alors souvenons-nous : la Résistance est notre honneur. Elle n’est pas un héritage du passé, elle est plus que jamais, un combat d’actualité.

Mes ami.e.s, mes camarades, mesdames et messieurs, en mémoire de celles et ceux que nous honorons aujourd’hui, Ensemble, poursuivons leur combat.

Je vous remercie.


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